Haruki Murakami (Japon) - Kafka sur le rivage - 9.5/10
Roman tout simplement fabuleux, dans la lignée directe du "Maître et Margurite" de Mikhaïl Boulgakov. Et je ne suis pas le seul à faire le lien entre ces deux inoubliables romans. D'une richesse
incroyable, ce récit entre roman initiatique et fantastique m' a complètement bluffé. Les personnages sont eux aussi extraodinaires: le jeune Kafka Tamura, le papi Nakata, la directrice de la
bibliothèque Mlle Saekhi, son assistant Oshima, le routier sympa qui aide Nakata. Chacun est subtilement décrit et a sa vie propre; ici, personne n'a de rôle mineur.
L'histoire est, elle, impossible à résumer mais elle est inoubliable, d'une grande force; il m'a fallu quelques jours pour en sortir et pouvoir entamer le livre suivant...
C'est mon 3ème roman japonais (après Kawabata et Yoshimoto) et je reste éberlué devant la finesse de cette littérature. Le prochain sur ma liste est "le maître de thé" de Yasushi Inoué.
Je ne peux donc que conseiller de lire "Kafka sur le rivage" et j'en fais un de mes plus beaux coups de coeur.
Vous découvrirez d'autres critiques chez Camille - Gambadou - Céline - Elfique entre autres. C'est probablement un des romans 2006-2007 les plus critiques sur la blogosphère.
4ème de couverture:
Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation où se déploient avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki
Murakami. Une oeuvre majeure, qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature universelle.
Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui.
Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse.
Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un
inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.
Belfond - 2006 (traduction française) - 619 pages - ISBN 2714440419
Par BenoitD
13
Banana Yoshimoto (Japon) - Kitchen -
8/10
Simple, léger mais certainement pas superficielle, cette histoire réunit des personnages attachants autour d'une cuisine. Mikage, seule, amoureuse des cuisines, de la cuisine aussi, oublie ses
soucis en préparant des petits plats. Yûichi, qui l'invite à partager l'appartement de sa mère (?) est, lui, plutôt introverti, met des jours à dévoiler à Mikage la mort de sa mère, son souci
d'alcool, son amour pour elle...
Roman pour une jeunesse, une adolescence qui se cherche encore, qui peine à s'intégrer dans le monde des adultes; monde qui leur fait peur et la mort atroce d'Eriko ne les aide certainement pas à
affronter leur futur sans appréhension.
La littérature japonaise dans sa simplicité est pour moi, une des plus brillantes, une des plus intéressante à découvrir.
4ème de couverture:
Que faire à vingt ans, après la mort d'une grand-mère, quand on se retrouve sans famille et qu'on aime les cuisines plus que tout au monde? Se pelotonner contre le frigo, chercher dans son
ronronnement un prélude au sommeil, un remède à la solitude. Cette vie semi-végétative de Mikage, l'héroïne de Kitchen, est un jour troublée par un garçon, Yûichi Tanabe, qui l'invite à partager
l'appartement où il loge avec sa mère. Mikage s'installe donc en parasite chez les Tanabe: tombée instantanément amoureuse de leur magnifique cuisine, elle est aussi séduite par Eriko, la "mère"
de Yûichi. Eriko, personnage ambigu et pur, transsexuel à la beauté éblouissante, qui, traversant le récit comme un soleil éphémère, va bientôt mourir à son tour, de mort violente...
Banana Yoshimoto révèle dans Kitchen, à travers une sorte de "minimalisme flou", une sensibilité nourrie de paradoxes, une sensibilité dans laquelle toute une génération de jeunes
japonais s'est reconnue.
Banana Yoshimoto est née à Tokyo en 1964. A l'âge de vingt-trois ans, elle se fait connaître par son roman Kitchen, qui s'impose dès sa parution comme un best-seller (2,5 millions
d'exemplaires vendus à ce jour au Japon). D'autres romans, recueils de nouvelles et essais ont confirmé la place singulière qu'elle occupe dans la littérature japonaise contemporaine.
Gallimard - 1987 (Edition originale) - 149 pages - ISBN 2070731442
Par BenoitD
6
Yasunari Kawabata (Japon) - Les belles endormies - 9.5/10
Excellent roman que celui-ci. Une écriture fine, précise, sans frioritures, presque froide. Un vrai régal! Le sujet peut évidemment choquer puisqu'on parle de prostitution, de viol d'intimité
mais l'action se situe au Japon, dans un autre monde, une autre culture. Non que celà puisse justifier quoi que ce soit bien entendu. En tous cas, Kawabata est un grand écrivain et ce roman "Les
belles endormies" mérite le détour.
Une très belle réflexion aussi sur la vieillesse, le désir de garder sa foi dans l'avenir, la solitude dans le chemin qui mène vers la mort. J'ai beaucoup aimé les descriptions des corps qui se
touchent, tout en finesse et en retenue, des échanges de chaleur entre les jeunes filles endormies et le vieillard, la fameuse couverture chauffante. Et la fin du roman est, tout compte fait, la
seule possible... A lire absolument!
4ème de couverture:
Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu'il franchissait le seuil des Belles endormies? Ce roman, publié en 1961, décrit la quête des vieillards en mal de plaisirs. dans une mystérieuse
demeure, ils viennent passer une nuit aux côtés d'adolescentes endormies sous l'effet de puissants narcotiques.
Pour Eguchi ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de son passé, et de se plonger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait? au
seuil de la mort, à la douceur de l'enfance et au pardon de ses fautes.
Albin Michel - 1970 (édition française) - 125 pages - ISBN 9782253029892
Par BenoitD
5
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