Patrick Süskind (Allemagne) - Le parfum, histoire d'un meurtrier - 9.5/10
Lu en audio. Un pur chef d'oeuvre. Quelle histoire, quelle imagination.
Patrick Süskind arrive même à rendre ce meurtrier, ce Jean-Baptiste Grenouille, extrêmement attachant, voire sympathique.
Le plus formidable cependant est son incroyable capacité à rendre toutes ces odeurs, ces parfums perceptibles rien qu'en lisant leurs descriptions. Et en écoutant le texte, j'avais l'impression
que la voiture s'imbibait de parfums de lavande, de mimosa, de roses, mais aussi des odeurs de Paris, de poissons, de mort...
Les images de ces 25 beautés magnifiques, jeunesse à peine sortie de l'enfance m'ont aussi marqués par leur faculté d'inspirer cet amour que Grenouille comme aux lecteurs, j'imagine...
Et cette fin, inattendue mais tout simplement parfaite!
Superbe, à lire absolument.
Il a aussi été commenté chez Karine - Hamnessa -
Frisette - Charlie
D'autres romans de Patrick Süskind:
- La contrebasse chez Allie - Karine - Charlie
- Le pigeon chez Lilie - Frisette - Charlie
4ème de couverture:
" A vue de nez, un chef-d'oeuvre. " (Bernard Pivot)
" Dans la France du XVIIIe siècle, un nabot nommé Grenouille découvre le meilleur parfum du monde. De cette idée feuilletonnesque, saturée de détails et de cascades ethno-olfactives, Patrick
Süskind, jeune romancier munichois, a fait le Parfum, le nouveau best-seller européen. " (Patrick Mauriès, Libération)
" Encore un exploit, cette exaltation de l'exhalaison, dont seules sont capables l'écriture et la lecture, à l'exclusion de tout autre art ! " (Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde)
" Un conte, philosophique sans en avoir trop l'air, qui exhale un fort parfum de talent et d'originalité. " (Pierre Démeron, Marie-Claire)
" Tout le monde a déjà envie de lire ce parfum étrange qui restera unique dans la littérature d'aujourd'hui. " (Sylvie Genevoix, Madame Figaro)
Audi-Livre - 1986 (Edition originale en allemand) - 8h10
Par BenoitD
9
Franz Kafka (Tchécoslovaquie) - La métamorphose - 9/10
Première expérience de livres audio et ce fut un succès. Environ 1H30 de routes journalières et de bouchons pour rejoindre la capitale ne me semblent plus si épuisant grace à cette nouvelle façon
de "lire".
Et en plus, ce texte est gratuit, libre de droits en fait.
Et quel texte! Cette histoire du fils qui se découvre un matin transformé en insecte répugnant mais gardant son humanité est terrible. Surtout au vu des réactions, des humiliations de sa famille,
de ses propres parents censés l'aimer. Les étrangers aussi sont outrés de partager ne fut-ce que quelques instants dans le même appartement. Et pour finir le tout dans la plus définitive des
cruautés et retrouver joie et bonheur en le découvrant mort, mort de dépérissement en fait, devant le manque d'amour, de respect qu'on ne lui a plus donné.
Franz Kafka nous livre ici une superbe métaphore sur l'exclusion des différences. Remplacer insecte par "handicapé", "autiste", ou tout autre déficience et ce texte nous prendra encore plus aux
tripes. A nous de dénoncer l'exclusion simplement parce qu'un être est différent; c'est tout bonnement inhumain et inacceptable.
4ème de couverture:
Un rapide portrait de Gregor Samsa: commis voyageur modèle, fils respectueux, frère aimant. Enfin, le voici tel qu'il était juste avant que ne commence ce livre, car: "Lorsque Gregor Samsa
s'éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat." Transformation pour le moins gênante... On a beau avoir les idées larges, cet insecte
derrière la porte ne facilite pas la vie. Pas plus la sienne que celle des autres. Lisez, vous le constaterez!
Gallimard - 1915 (édition originale en allemand) - 129 pages - ISBN 2070313735
Par BenoitD
2
Stefan Zweig (Autriche) - Le joueur d'échecs - 9/10
J'adore jouer aux échecs, mais je joue mal. Surtout, je n'ai ni le temps, ni l'envie d'apprendre afin de progresser. Je joue pour le plaisir uniquement, à l'instinct. Et je trouve ce jeu
fascinant et très esthétique.
Le sujet mais aussi l'auteur réputé m'ont donc fait découvrir ce roman très subtilement construit.
On a ici droit à plusieurs histoires imbriquées et c'est l'ensemble de ces histoires qui en assure la cohérence.
L'enfance de Mirko Czentovic jusqu'à son titre de champion du monde; l'inconnu "M.B." et ses déboires avec la Gestapo, le livre d'échecs volé, ses parties d'échecs en solitaire, sa folie dûe
à l'isolement;et ensuite, leur rencontre sur le bateau et les parties d'échecs entre le champion du monde et cet inconnu.
Une construction extrêmement habile, qui a le mérite de tenir le lecteur en haleine jusqu'au bout. Il exploite aussi ces différents récits en dénonçant les atrocités de la guerre, les
mono-maniaques et leurs dérives de façon très subtile.
4ème de couverture:
Qui est cet inconnu capable d'en remonter au grand Czentovic, lechampion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué
depuis plus de vingt ans? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement
absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, "pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons".
LGF - 1943 (édition originale) - 94 pages - ISBN 2253057843
Par BenoitD
9
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