Simon Singh (Etats-Unis) - Le roman du Big Bang - 9/10
Un coup de coeur 2007. La note est seulement de 9/10 simplement parce que ce n'est pas un roman mais un excellent texte scientifique; fabuleux exercice de vulgarisation où tout est passé en
revue: Eisntein et sa relativité, Copernic, Képler, Galilée et les théories modernes des quantas et des trous noirs.
Un moment de lecture passionant pour tous ceux qui s'intéressent à notre univers: d'où venons-nous? et où allons-nous? Notre monde est-il censé disparaître un jour?
Et derrière ce roman se dégage au fil des pages la question cruciale: et Dieu dans tous ça?
Je n'ai pas l'envie ni le besoin de m'étendre ou d'aborder mes convictions sur ce blog mais ce livre a le mérite d'ouvrir le débat...
Ce livre, par moments difficile, est néanmoins à la portée de tous esprit curieux d'apprendre. Excellent!
4ème de couverture:
Notre univers est issu d'une fantastique explosion. En expansion, il avance dans le temps tout en s'étendant dans l'espace, qui plus est à un rythme croissant. Retraçant l'histoire de ce Big
Bang, thèse aujourd'hui admise par la communauté scientifique, Simon Singh expose l'histoire des théories cosmologiques depuis l'Antiquité.
Le Big Bang n'a pu s'imposer que par sa capacité à intégrer progressivement les hypothèses précédentes et les découvertes les plus contemporaines. Quand à ceux qui s'interrogent sur ce qui se
passait «avant» le Big Bang, c'est-à-dire «avant» le temps, Simon Singh rappelle malicieusement la réponse que faisait saint Augustin à la question d'avant la création : «Avant qu'il ne crée le
Ciel et la Terre, Dieu créa l'Enfer pour ceux qui posent ce genre de questions.»
Simon Singh, physicien et journaliste, est notamment l'auteur en «Pluriel» du Dernier théorème de Fermât (1999) et de L'Histoire des codes secrets (Lattes, 1999).
Extrait du livre :
En réalité, c'était bien sûr la Terre qui tournait autour du Soleil, et non le Soleil qui tournait autour de la Terre, mais personne n'envisagea cette possibilité avant que Philolaüs de Crotone
ne se joigne au débat. Elève de l'école pythagoricienne du Ve siècle avant notre ère, il fut le premier à suggérer que la Terre tournait autour du Soleil, et non le contraire. Au siècle suivant,
Héraclide du Pont développa les idées de Philolaüs, malgré le fait que ses amis, qui le prenaient pour un fou, l'aient surnommé le paradoxologue («le faiseur de paradoxes»). Et les touches
finales à cette vision de l'univers furent apportées par Aristarque, né en 310 av. J.-C., l'année de la mort d'Héraclide.
Aristarque avait participé à la mesure de la distance entre la Terre et le Soleil, mais il s'agissait d'une contribution mineure comparée à sa description étonnamment exacte de la structure de
l'univers dans ses grands traits. Aristarque s'était fixé pour but de démontrer la fausseté de la représentation que les hommes se faisaient instinctivement de l'univers, comme le montre la
Figure 6(a), dans laquelle la Terre apparaît au centre de toutes choses. Selon la représentation moins évidente (bien que la seule correcte) d'Aristarque - voir Figure 6(b) -, la Terre orbite
autour d'un Soleil dominant. Aristarque avait également raison quand il disait que la Terre tourne sur son axe en vingt-quatre heures, ce qui explique pourquoi nous faisons face chaque jour au
Soleil, et pourquoi chaque nuit nous nous en détournons et voyons les étoiles.
Aristarque était un philosophe hautement respecté, et ses idées sur l'astronomie étaient largement connues. Ainsi, sa croyance en un univers «héliocentrique» (centré autour du Soleil) est
rapportée en ces termes par Archimède : «Il émit l'hypothèse que les étoiles et le Soleil restaient immobiles, et que la Terre est portée autour du Soleil sur la circonférence d'un cercle.»
Cependant, les philosophes abandonnèrent complètement cette vision largement exacte du système solaire, et l'idée d'un monde héliocentrique disparut pendant les quinze siècles suivants. Passant
pourtant pour être intelligents, pourquoi les Grecs de l'Antiquité ont-ils rejeté l'intuition géniale d'Aristarque, pour s'en tenir à celle d'un univers «géocentrique» ?
L'égocentrisme a très certainement contribué à la suprématie de la conception du monde géocentrique, mais le rejet de l'univers héliocentrique d'Aristarque avait d'autres raisons. L'un des
problèmes fondamentaux que posait le système héliocentrique tenait simplement au fait qu'il paraissait ridicule. Il semblait en effet tellement évident que le Soleil tournait autour d'une Terre
statique, et non l'inverse. En bref, un univers héliocentrique allait tout simplement à rencontre du «bon sens». Les bons scientifiques, cependant, ne doivent jamais se laisser influencer par le
bon sens, car parfois, ce dernier n'a pas grand-chose à voir avec la vérité scientifique. Albert Einstein condamna le bon sens en n'y voyant qu'un «ramassis de préjugés acquis avant l'âge de
dix-huit ans».
Une autre raison du rejet par les Grecs du système solaire d'Aristarque est qu'il ne résistait pas - du moins en apparence - à l'examen scientifique. Aristarque avait bâti un modèle de l'univers
censé correspondre à la réalité, mais la validité de ce modèle n'apparaissait pas avec clarté. Les esprits critiques insistaient sur trois défauts apparents de ce système héliocentrique.
Hachette Pluriel Référence - 2007 - 505 pages - ISBN 2012793177
Stephen Jay Gould
(Etats-Unis) - La vie est belle - 9/10


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