Jeudi 7 février 2008
Jacques Chessex (Suisse) - Le vampire de Ropraz
- 8.5/10
Je ne connaissais pas du tout cet écrivain. Il est suisse et j'ai dû chercher dans ma mémoire quels autres écrivains suisses j'avais eu l'occasion de découvrir.
Il y eut Blaise Cendrars (à moitié suisse puisqu'il fut naturalisé français) et Jean-Luc Benoziglio qui m'a fait hurler de rire avec son "Cabinet-Portrait".
Le vampire de Ropraz est un très court roman, très glauque et d'une écriture subtile. Jacques Chessex a des tournure de phrases que je ne retrouve nul par ailleurs.
Il s'agit d'un mélange de thriller (une enquête policière sur des meurtres abominables) et d'essai sur la pauvreté, la misère de la campagne, la mauvaise conscience, l'immobilisme des notables.
La fin du roman, sans la dévoiler, m'a déconcerté. Entre sourire amusé et soupir de frustation, elle ne m'a pas convaincu.
4ème de couverture:
« Dans ces campagnes perdues une jeune fille est une étoile qui aimante les folies. »
En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d’une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa
profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l’autre au cœur de l’hiver. Puis, à Carrouge
et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu’on a surpris à l’étable. Condamné,
emprisonnée, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915.
A partir d’un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la « crasse primitive », la solitude, les fantasmes des notables, la
mauvaise conscience d’une époque ?
Grasset - 2007 - 107 pages - ISBN 2246704014


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