Jeudi 29 mai 2008
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Armel
Job (Belgique) - La femme manquée - 9/10
Une superbe découverte pour la lettre J de mon challenge ABC!!
Un roman "belge", qui sent bon le terroir, la campagne, ses habitants, ses travers aussi.
L'histoire est captivante, les personnages extrêmement bien décrits et attachants. L'émotion suinte à chaque page, qu'elle soit positive (le mariage, l'amitié...), ou négative (les enterrements,
la différence...)
Evariste Lejeune est un clerc de notaire, respectueux et amoureux des belles lettres latines (surtout les récits de César, le grand Jules); Charles Lambert, paysan, sans éducation, cherche l'âme
soeur sans succès.
Jusqu'au jour où... L'âme soeur arrive mais la chance est souvent compensée! A vous de lire la suite.
Voilà qui me redonne de l'espoir dans la littérature belge après Amélie Nothomb et ses nombreux (trop) romans sans vie ni intérêt.
4ème de couverture:
Charles a trente-cinq ans, possède une belle ferme à Sarteau en Ardenne et rêve de trouver une femme... Il s'adresse au clerc de notaire, Evariste Lejeune, pour rédiger des annonces
matrimoniales. Echec. Puis réussite, lorqu'il découvre dans un catalogue exotique, sous la rubrique "Jolies indigènes cherchant mariage", l'épouse idéale. Arrive Opportune, jeune femme
d'outre-mer qui meurt le jour même de ses noces. C'est alors que se révèle l'identité du pauvre Charles Lambert - révélation qui bouleverse le village et la vie d'Evariste Lejeune...
Armel Job a publié notamment
Baigneuse nue sur un rocher (Robert Laffont, 2001),
Helena Vannek (2002),
Le Conseiller du roi (2003),
La Femme de saint Pierre
(Labor, 2004) et
Les Fausses Innocences (Robert Laffont, 2005). La Femme manquée a remporté plusieurs prix et distinctions dont le Prix Emmanuel-Roblès (sur la sélection de l'Académie
Goncourt).
Espace Nord - 2000 - 202 pages - ISBN 2804021998
Par BenoitD
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Publié dans : Littérature Belge
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On découvre souvent avec Armel Job que la vraie vérité de ses histoires est bien différente de celle à laquelle on s’attendrait. Les conjonctures du lecteur tombent souvent à l’eau. Il faudrait s’en souvenir dès le début de la lecture et mettre systématiquement tout en doute. C’est sans compter que le lecteur est vite pris dans les filets du récit et qu’il perd vite la distance nécessaire. Il faudrait chercher du côté de la filiation, c’est souvent là, que ça se passe. Il faudrait relever des indices annonciateurs. Ne pas tomber dans les pièges de l’écrivain. Les détours empruntés par Armel Jacob pour nous perdre sont parfois à peine imaginables, tant ils sont subtils. L’essentiel dans La femme manquée réside pour moi dans ces considérations douces-amères, ces tristes constatations à propos de notre faible capacité d’ouverture aux autres cultures. Notre accueil est bien pauvre: de l’île Maurice aux Juifs, encore et toujours…. Dans les villages et dans les villes. Les comportements intolérants, la recherche d’un bouc émissaire sont toujours latents. L'écriture de ce roman a de l’humour et enregistre des parlers belges pittoresques de tous bords, une autre constante chez Armel Job. On sourit. Cela distrait. Mais à force de forcer l’amoncellement de surprises à la fin, on finit par oublier l’essentiel.