Mardi 12 février 2008

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Antonio Tabucchi (Italie) - Pereira prétend - 8/10

Portugal 1938, l'Europe s'enlise et fonce vers la débacle de la seconde guerre. C'est dans cet univers que notre héros Pereira vit. Une vie simple, entre détresse et amusement. Pereira est veuf, gros, sympathique de par sa nature, ses vices (les omelettes et la citronnade), son manque d'ambition aussi.
Sa rencontre avec un opposant au régime (ce qu'il ne soupçonne même pas) lui fait voir petit à petit la vie autrement. Il parviendra finalement à se libérer de ses contraintes.
C'est un roman sur la liberté d'être, d'écrire, de vivre ses convictions, un livre attachant d'un auteur qu'il faut absolument découvrir.
Et toute la littérature italienne: Umberto Eco, Alessandra Baricco, Italo Svevo, Primo Levi... et bien d'autres encore que je vous ferais découvrir à l'avenir.

4ème de couverture:

Avec une minutie obstinée, le héros de ce récit évoque à la manière d’un procès-verbal un moment tragique de son existence (le mois d’août 1938) et de l’histoire de l’Europe, sur fond de salazarisme portugais, de fascisme italien et de guerre civile espagnole.

Responsable de la page culturelle du Lisboa, Pereira est un homme commun, obsédé par la mort, qui a trouvé refuge dans son passé pour éviter de regarder la réalité en face. Plusieurs rencontres vont néanmoins venir bouleverser son bonhomme de chemin et lui faire prendre cruellement conscience que les considérations esthétiques sont parfois un peu courtes… Comme le souligne Marion Van Renterghem (Le Monde), Pereira prétend est « la plus inattendue, la plus réaliste, la plus accomplie des œuvres de Tabucchi ».

10/18 - 1998 - 224 pages - ISBN 2264024585

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Par BenoitD - Publié dans : Littérature Italienne
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Lundi 11 février 2008

La-vie-est-belle-2-.jpg Stephen Jay Gould (Etats-Unis) - La vie est belle - 9/10

Voici une de mes lectures favorites: les romans/essais scientifiques. En fait, il s'agit ici d'une vulgarisation autour des mystères de l'évolution.
Stephen Jay Gould arrive à passionner le lecteur à propos d'archéologie (essentiellement des fossiles marins) et nous faire découvrir l'impact de ces recherches sur l'évolution dans sa globablité.
Il raconte aussi que l'imposture scientifique existe également même si dans ce cas, il s'agit plus de sauvegarder sa réputation et son ego. L'univers scientifique et ses obligations administratives sont également bien décrit.
Stephen Jay Gould a un style facile à lire, simple et efficace. Idéal pour apprendre. Je pense, néanmoins qu'il faut un minimum de connaissances pour en tirer un maximum.
Les autres livres de Goul sont, bien entendu, aussi dans ma liste pour les années à venir.

Points Sciences - 1998 - 480 pages - ISBN 2020352397

Par BenoitD - Publié dans : Sciences
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Vendredi 8 février 2008

L-ombre-du-vent.jpg Carlos Ruis Zafón (Espagne) - L'ombre du vent - 9.5/10

Lu il y a quelques mois déjà, je ne résiste pas à vous faire (re)découvrir ce bouquin.
Merveilleux roman où se mêlent l'histoire avec un grand H, une enquête policière, beaucoup de rebondissements , des personnages attachants dans un décor grandiose.
La scène de la bibliothèque m'a envoyé tout un tas d'images extraordinaires; il me serait très difficile de dépeindre ces images, tellement elles sont fantastiques, irréelles.
En fait, je pense avoir reconstruit cette bibliothèque en utilisant la Sagrada Familia de Gaudi, en plus gothique encore si celà est possible.
Quant à Julien Carax, j'en suis toujours à me demander s'il a vraiment existé tellement les descriptions de l'auteur, les extraits de ses textes, sont brillament exposés.
Bref, un livre à conseiller à tous. Et je suis persuadé qu'il vous donnera envie de visiter Barcelone qui en vaut vraiment la peine.

4ème de couverture:

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.
Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du Vent.
Avec ce tableau historique, roman d’apprentissage évoquant les émois de l’adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l’Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s’emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafón mêle inextricablement la littérature et la vie.

Lgf - 2006 - 636 pages - ISBN 2253114863

Par BenoitD - Publié dans : Littérature Espagnole
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Vendredi 8 février 2008
dans-le-scriptorium.jpg Paul Auster (Etats-Unis) - Dans le scriptorium - 9 /10

Inutile de dire que j'adore Paul Auster. Et quand dans un même roman, on retrouve quasiment tous ses personnages fétiches, comment ne pas l'aimer.
Les sujets abordés ne changent pas: angoisse de l'écrivain, dérive des personnages, schizophrénie...
Tout ce qui, un jour peut-être, me poussera à écrire pour me délivrer.
D'ici là, je continue à lire, à m'imprégner de ces extraordinaires romans qui remplissent les bibliothèques.
Dans le scriptorium n'est sans doute pas le meilleur roman de Paul Auster (préférez Moon Palace ou Le livre des illusions) mais il m'a bien plu de par sa maîtrise et son suspense. Mais où veut-il donc nous emmener?
A conseiller mais pas comme premier roman de Mr Paul Auster.


4ème de couverture:

L’homme qui, ce jour-là, se réveille, désorienté, dans une chambre inconnue est à l’évidence âgé. Il ne sait plus qui il est, il ignore pourquoi il se retrouve assigné à résidence entre les quatre murs de cette pièce, percés d’une unique fenêtre, d’ailleurs condamnée, et d’une porte que des « visiteurs » vont franchir, dans un sens ou dans l’autre… Sur un bureau, sont soigneusement disposés une série de photographies en noir et blanc, deux manuscrits et un stylo.
Qui est-il ? Et que lui veulent ses interlocuteurs, dont cette Anna qui lui donne du « Mr. Blank » et lui tient des propos où il est question de comprimés, d’un traitement en cours, mais aussi d’amour et de promesses ? Et qui sont ces autres qui, sous l’œil infatigable de la caméra enregistrant les minutes de l’ultime épreuve du vieil homme, s’acharnent à lui reprocher de les avoir jadis envoyés accomplir de mystérieuses missions dont certains d’entre eux sont revenus irrémédiablement détruits ?
Revisitant les territoires de l’inquiétante étrangeté, où son œuvre s’enracine depuis son entrée en écriture, Paul Auster livre ici une étonnante variation sur la relation du romancier à ses personnages qui entre en résonance avec une interrogation profonde sur les responsabilités de l’Amérique contemporaine face à l’Histoire. Avec ce roman, un écrivain au sommet de sa notoriété accepte de se réinventer pour questionner les labyrinthes du langage et affronter de manière exemplaire les exigences de la fiction dans son essence même.
 
Toute l'œuvre de Paul Aster est publiée chez Actes Sud. Dernier titre publié : Brooklyn Folies (2005, Babel n°785) ; A paraître chez Actes Sud, en mars 2007, le scénario du film La Vie intérieure de Martin Frost.

Actes Sud - 2007 - 160 pages - ISBN 2742765603
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Par BenoitD - Publié dans : Littérature Américaine
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Jeudi 7 février 2008

Siri Hustvedt (Etats-Unis) - Tout ce que j'aimais - 9/10
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Livre déchirant d'une déchéance attendue. Ce roman aborde des sujets très variés: l'art (avec quelques descriptions extrêmement bien faites), la drogue (et ses conséquences sur la personnalité), l'anorexie, la schizophrénie et bien entendu, l'amitié.
Si le démarrage est assez lent, c'est pour bien camper les personnages, l'ambiance et la situation. Ensuite, les drames s'accumulent sans que l'on vire dans le mélo. Tout est dépeint à petites touches et l'on reste captivé par l'histoire de Mark, Léo, Violet...
J'ai retrouvé dans ce livre beaucoup de similitudes avec les romans de Paul Auster et bien sûr, rien n'est coïncidence. Siri Hustvedt et Paul Auster sont mariés et sont, tous deux, de merveilleux auteurs et toujours prompts à décrire la richesse de nos vies tant dans le bien que dans les malheurs.


4ème de couverture:

Au milieu des années 1970, à New York, deux couples d’artistes ont partagé les rêves de liberté de l’époque. De l’art et de la création, ils ont fait le ciment d’une amitié qu’ils voulaient éternelle et, quand ils ont fondé leur famille, se sont installés dans des appartements voisins. Rien n’a pu les préparer aux coups dont le destin va les frapper et qui vont infléchir radicalement le cours de leurs vies…
 
Siri Hustvedt convie ici à un voyage à travers les régions inquiétantes de l’âme : bouleversant, ambigu, vertigineux, Tout ce que j’aimais est le roman d’une génération coupable d’innocence qui se retrouve, vingt ans plus tard, au bout de son beau rêve.
 
Née en 1955, Siri Hustvedt vit à Brooklyn. Ses précédents romans, Les Yeux bandés (Actes Sud, 1993, et Babel N°196) et L’Envoûtement de Lily Dahl (Actes Sud, 1996, et Babel n°380), ont été largement remarqués, mais le succès de Tout ce que j’aimais l’a définitivement imposée comme un écrivain majeur de sa génération.
Babel - 2005 - 460 pages - ISBN 2742755403

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Par BenoitD - Publié dans : Littérature Américaine
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Jeudi 7 février 2008
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Daniel Pennac (France)  - Chagrin d'école - 7.5/10

J'ai été déçu! Non pas par le style toujours aussi riche, facile à lire mais bien par le contenu. Il s'agit plus d'une autobiographie que d'un roman; un essai sur la dure lutte d'un cancre et, finalement, de sa réussite dans la ie.
Il est vrai, que pour moi, Daniel Pennac, c'est surtout les Malaussène. Des romans inventifs, remplis d'humour caustique et des situations désopilantes.
Ici, rien de tout ça, une belle histoire bien racontée mais sans l'inventivité de ses autres livres.
Dommage vraiment.

Gallimard - 2007 - 304 pages -ISBN 2070769178

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Par BenoitD - Publié dans : Littérature Française
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Jeudi 7 février 2008
vampire_ropraz.gif Jacques Chessex (Suisse) - Le vampire de Ropraz - 8.5/10

Je ne connaissais pas du tout cet écrivain. Il est suisse et j'ai dû chercher dans ma mémoire quels autres écrivains suisses j'avais eu l'occasion de découvrir.
Il y eut Blaise Cendrars (à moitié suisse puisqu'il fut naturalisé français) et Jean-Luc Benoziglio qui m'a fait hurler de rire avec son "Cabinet-Portrait".
Le vampire de Ropraz est un très court roman, très glauque et d'une écriture subtile. Jacques Chessex a des tournure de phrases que je ne retrouve nul par ailleurs.
Il s'agit d'un mélange de thriller (une enquête policière sur des meurtres abominables) et d'essai sur la pauvreté, la misère de la campagne, la mauvaise conscience, l'immobilisme des notables.
La fin du roman, sans la dévoiler, m'a déconcerté. Entre sourire amusé et soupir  de frustation, elle ne m'a pas convaincu.

4ème de couverture:
« Dans ces campagnes perdues une jeune fille est une étoile qui aimante les folies. »
 
En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d’une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l’autre au cœur de l’hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu’on a surpris à l’étable. Condamné, emprisonnée, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915.
 
A partir d’un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la « crasse primitive », la solitude, les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d’une époque ?


Grasset - 2007 - 107 pages - ISBN 2246704014

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Par BenoitD - Publié dans : Littérature Suisse
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