Vendredi 11 avril 2008

kafka-sur-le-rivage.jpg

Haruki Murakami (Japon) - Kafka sur le rivage - 9.5/10

Roman tout simplement fabuleux, dans la lignée directe du "Maître et Margurite" de Mikhaïl Boulgakov. Et je ne suis pas le seul à faire le lien entre ces deux inoubliables romans. D'une richesse incroyable, ce récit entre roman initiatique et fantastique m' a complètement bluffé. Les personnages sont eux aussi extraodinaires: le jeune Kafka Tamura, le papi Nakata, la directrice de la bibliothèque Mlle Saekhi, son assistant Oshima, le routier sympa qui aide Nakata. Chacun est subtilement décrit et a sa vie propre; ici, personne n'a de rôle mineur.
L'histoire est, elle, impossible à résumer mais elle est inoubliable, d'une grande force; il m'a fallu quelques jours pour en sortir et pouvoir entamer le livre suivant...
C'est mon 3ème roman japonais (après Kawabata et Yoshimoto) et je reste éberlué devant la finesse de cette littérature. Le prochain sur ma liste est "le maître de thé" de Yasushi Inoué.
Je ne peux donc que conseiller de lire "Kafka sur le rivage" et j'en fais un de mes plus beaux coups de coeur.

Vous découvrirez d'autres critiques chez Camille - Gambadou - Céline - Elfique  entre autres. C'est probablement un des romans 2006-2007 les plus critiques sur la blogosphère.

4ème de couverture:

Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation où se déploient avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki Murakami. Une oeuvre majeure, qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature universelle.

Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui.
Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse.

Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

Belfond - 2006 (traduction française) - 619 pages - ISBN 2714440419

 

 

Par BenoitD - Publié dans : Littérature Asiatique
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Mercredi 9 avril 2008

 

Amos Oz (Israël) - Soudain dans la forêt profonde - 9/10

Le magazine Lire a, en mars, édité un numéro spécial "Littérature Juive" et j'avais très envie de découvrir un auteur israélien, un vrai, pas un américanisé (quoique j'adore Philip Roth, Paul Auster...).
Et je suis tombé, par hasard, sur ce petit roman d'Amos Oz, le plus populaire des écrivains israéliens.
Je n'ai pas été décu; ce court roman (à peine 125 pages) est une pure merveille, entre conte pour enfants et fable utopique pour adultes.
Il s'agit d'un village perdu au milieu de nulle part, entouré de forêts. Ce village est triste, dépeuplé totalement de vie animale (l'homme excepté); pas un oiseau, pas un insecte, rien, le néant... Deux enfants décident d'en avoir le coeur net et bravent l'interdit en pénétrant dans la forêt. A vous de lire la suite, bien sur.
C'est un roman sur la tolérance, le droit à la différence. On peut aussi y voir une pointe d'écologie.
Ce fut, pour moi, une excellente découverte qui en amènera beaucoup d'autres, j'espère, parmi la littérature israélienne.

Si, à votre tour, vous voulez le découvrir, j'en fais un "Livre Voyageur"... Un petit commentaire pour vous inscrire et on lance la boucle de lecture. Seule exigence: une chronique ou critique sur votre blog.



4ème de couverture:

Un village au bout du monde, triste et gris, encerclé par des forêts épaisses et sombres. Un village maudit : toutes les bêtes, tous les oiseaux et même les poissons de la rivière l'ont déserté. Depuis, ses habitants se barricadent chez eux dès la nuit tombée, terrorisés par la créature mystérieuse nommée Nehi, et interdisent aux enfants de pénétrer dans la forêt. Mais surtout, ils gardent le silence. Personne ne veut se souvenir des animaux ni évoquer la vie d'avant. Seule Emanuela, l'institutrice du village, tente d'enseigner aux élèves à quoi ressemblaient ces animaux disparus. Deux enfants de sa classe, Matti et Maya, décident alors d'élucider le mystère et s'aventurent dans la forêt en dépit de l'interdit... Soudain dans la forêt profonde est un conte pour enfants et adultes. Au carrefour de la tradition biblique, du folklore yiddish et du conte européen, il nous offre une magnifique parabole sur la tolérance.

Gallimard - 2005 - 124 pages - ISBN 2070355624


Update pour le livre voyageur:

Liste d'envoi:

1. Caro[line] - OK, tu le recevras en début de semaine prochaine
2. Ys
3. Nina - il me manque une adresse postale
4. Hamnessa

Si d'autres veulent s'y ajouter, c'est le moment...
Par BenoitD - Publié dans : Littérature Israélienne
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Mercredi 2 avril 2008
Amélie Nothomb (Belgique) - Robert des noms propres - 6/10

Lu en audio.
Il ne m'a pas convaincu. Baclé, sans imagination, une finale ridicule où l'auteur se met en jeu, sans intérêt. Dommage car le sujet s'y prétait allègrement: enfant adoptée, dotée d'un prénom hors normes, d'une intelligence différente... On y parle aussi d'amour des parents, de passions (la danse), d'anorexie, de différences..
Et contrairement à d'autres, ce roman est décevant, non abouti. Evidemment, Amélie Nothomb écrit énormément (elle affirme écrire 3,7 romans par an en moyenne!!) et celà implique d'avoir de temps en temps des livres moins bons.
J'avais adoré "Les catilinaires", "Hygiène de l'assassin" et "Acide sulfurique" mais pas "Robert des noms propres".

4ème de couverture:

Le destin exceptionnel d’une petite fille prénommée Plectrude née sous les auspices les plus dramatiques et au parcours semé d’obstacles.
Plectrude est orpheline de père et de mère (la mère ayant tué le père puis s’étant suicidée), recueillie par sa tante qui l’élève dans la vénération la plus absolue. Il faut dire que Plectrude est douée de tous les dons (beauté, charisme, singularité, talent inouï de danseuse) même si à l’école elle passe d’abord pour une simplette avant qu’on s’écrie au génie.
Retirée de l’école par sa mère adoptive elle intègre l’école de danse où les élèves vivent le martyre : discipline de fer, régime sec qui les maintient maigres, anorexiques, dévitaminées. Elle sortira de cet enfer brisée pour se voir rejeter par sa mère qui lui révèle alors le secret de sa naissance. Dès lors Plectrude, sûre de son destin funeste, tel Œdipe, rêve de l’accomplir sans attendre.
Le portrait d’une enfant atypique et solitaire, surdouée et incomprise qui traverse les épreuves avec la grâce d’une princesse de conte de fées et l’obstination, la certitude et la douleur d’une adolescente d’aujourd’hui. Un roman où l’humour et la gravité jouent à part égales pour décrire les drames et l’absurdité de tout apprentissage quand ils s’abattent sur un enfant hors normes.
Une restitution inspirée du monde de l’enfance, (surtout de la fillette entre 10 et 12 ans, entre enfance et adolescence), qui ne veut pas grandir mais sait ce pour quoi elle est faite.

Albin Michel - 2002 - 3h15
Par BenoitD - Publié dans : Littérature Belge
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Mardi 1 avril 2008
Mois de Mars pourri pour le temps mais excellent pour la lecture...

J'ai donc terminé ce mois-ci:

Paasilinna Arto Le lièvre de Vatanen 8.5
Roth Philippe Un homme 9.0
Baricco Alessandro Novecento pianiste 7.0
Quignard Pascal Tous les matins du monde 6.0
Kawabata Yasunari Les belles endormies 9.5
Constant Benjamin Adolphe 8.0
Delerm Philippe La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules 9.5
Süskind Patrick Le parfum - histoire d'un meurtrier 9.5
Nemirovsky Irène Une suite française Abandon
Yoshimoto Banana Kitchen 8.0
Shan Sa La joueuse de go 9.0
Dugain Marc La Chambre des officiers 9.0
Ellis Brett Easton Lunar Park 9.5
Olivier Adam Je vais bien, ne t'en fais pas 8.5

Une seule déception: "Suite française" auquel je n'ai pas accroché.

Et quatre coups de coeur: Kawabata, Delerm, Süskind et BEE. Quatre univers différents pour un même plaisir de lecture.

Du coup, le Challenge ABC avance bien: 14 lus sur 26 dont la moitié terminés en Mars. Et pour le N, je remplace Némirovsky par Nothomb Amélie et son "Robert des noms propres" en audio que je viens, en fait, de terminer dans la voiture ce matin; critique à suivre donc...

Le Défi "Le nom de la rose" lui est resté au même point: 1 lu sur 6 mais "Alabama song" est, depuis peu, dans ma PAL. Ce sera pour bientôt sans doute.

En ce moment, je lis (hors challenge) Harika Murakami et son "Kafka sur le rivage" qui confirme l'excellence de la littérature japonaise/asiatique. Ensuite, ce sera un polar avec Donald Westlake ("Fais-moi confiance") ou bien "L'élégance du hérisson" en fonction de mes envies. Il y en a encore tellement dans mes piles ;-)

Par BenoitD - Publié dans : Challenge ABC 2008
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Mardi 1 avril 2008

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Brett Easton: Ellis (Etats-Unis) - Lunar Park - 9.5/10

Quel roman! Ou bien n'est-ce que la triste réalité d'un écrivain sous influences? Ce livre a tout: de l'imagination, de la folie, des rebondissements, de la culture... Et derrière cette prose parfois dure, se cache quelques thèmes chers à BEE:
- la gloire, ses avantages, ses inconvénients lorsque le couple est star...
- la drogue, l'alcool et la difficulté d'en sortir
- les conflits de couple, la psychanalyse, la non-communication
- les enfants et l'éducation de ceux-ci pour un couple recomposé
- la folie (due aux abus) qui peut mener trèss, très loin.
Un auteur mythique aux Etats-Unis et sans doute aussi en France, qui mène le lecteur par le bout du nez dans sa folie et nous entraine dans sa lutte contre ses démons. Les livres de BEE sont durs, intenses, parfois difficiles à lire, mais ils en valent la peine. L'important est de se laisser faire, de se laisser emmener par Bret Easton Ellis et vous verrez, ce roman, vous vous en souviendrez encore longtemps, longtemps, longtemps...

A lire aussi chez Caroline - Florinette - SirenSorrento - Milou entre autres...

4ème de couverture:

La gloire, l'argent, les femmes, les hommes, la drogue... Avec son premier roman, Moins que zéro, publié alors qu'il n'avait que vingt et un ans, Bret easton Ellis a tout eu. Et en grande quantité! Mais au bout de deux décennies d'excès, de succès et de controverses, l'écrivain tente enfin de s'assagir et de mener, ave son épouse et enfants, la vie rangée d'un banlieusard chic. Or, une série d'évènements inquiétants et inexpliqués viennent bientôt renverser ce fragile équilibre matériel et mental: une poupée qui parle, une maison qui déraille, des enfants qui disparaissent et le fantôme de Patrick Bateman, le tueur d'American Psycho, qui rôde... Bret Easton ellis croyait pouvoir échapper à ses démons: il lui faudra d'abord les combattre.

Meilleur livre de l'année 2005 (Magazine LIRE)

Robert Laffont - 2005 - 472 pages - ISBN 2266164333

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Par BenoitD - Publié dans : Littérature Américaine
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Lundi 31 mars 2008

je-vais-bien--ne-t-en-fais-pas.jpg Olivier Adam (France) - Je vais bien, ne t'en fais pas - 8.5/10

Roman fort, qui m'a laissé avec une grosse boule dans le ventre. Je me suis mis dans la peau de Claire et de sa quête, qu'elle ne pourra jamais atteindre mais elle continue, infatiguablement, sans savoir que tout ça est bien inutile.
Et les parents, qui aiment leur fille, d'un amour fort également. Mais est-ce vraiment de l'amour ou derrière ces sentiments, ne se cache-t-il pas le remords, la tentative de rachats de leurs fautes, de leurs erreurs?
C'est une belle réussite, bien construit, bien écrit.
En Belgique, ce livre fait l'actualité: un enseignant l'a donné à lire à ses élèves de 12-13 ans et certains parents n'ont pas apprécié que leurs enfants aient à lire des scènes dures, crues (sexe forcé dans l'ascenseur). Même si le thème du roman peut faire partie d'un cours, le choix de celui-ci est discutable; il y en a bien d'autres aussi intéressants (mais sans avoir à heurter les lecteurs).

4ème de couverture:

Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n'a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l'aime. Rien d'autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu'il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. A son retour de vacances, il n'était plus là. Son frère avait disparu sans raison. Sans un mot d'explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C'est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d'une semaine de congé pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.

La Dilettante - 1999 - 156 pages - ISBN 2266168526

Par BenoitD - Publié dans : Littérature Française
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Lundi 31 mars 2008
La charmante Soma m'a taggué mais elle ne perd rien pour attendre; je me vengerais...

Les règles sont simples :
- Vous recevez le Tag et vous y répondez sur le champ
- Vous vous rapportez à
Scrapzine
en venant commenter son message.

Voici le Tag : Parlez de vos premiers...

-
Job
: mon premier vrai boulot consistait à découper et tester des briques réfractaires (passionnant, non?). Ces briques étant destinées à la fabrication de fours industriels. Sinon, le second m'a plongé dans la recherche scientifique avec délices... (éprouvettes, tests en tout genres, souris de labo...). J'adore les experts. Petit, je rêvais d'être médecin légiste aussi!






-
Voiture
: une Peugeot 207 rouge que j'ai malheureusement crashée un vendredi 13 (ça ne s'invente pas) juste après avoir rencontré ma future femme pour la première fois. Et je vous jure que j'étais seul dans la voiture (mais la tête dans les nuages sans doute...).

-
Page de scrap/ Page Web 
: En fait, "Guide de Lecture" est mon premier blog (commencé début février 2008). avant, j'ai créé la page web de mon club de jogging (http://www.rcnamur.be) mais depuis il a beaucoup changé. Et j'ai en projet, un site qui concernerait ma super collection de cartes de restaurant du monde entier (j'en ai environ 500) mais ce sera pour plus tard quand le projet sera mûr.

Mon resto préféré:

-
Voyage : Premier voyage?? A mon avis, je devais avoir 4 ou 5 mois à la mer du Nord avec mes parents. Sinon, j'ai d'excellents souvenirs de vacances d'enfance en Provence en famille. Premier avion: pour le boulot en Irlande sous les orages et la pluie; jamais eu aussi peur de ma vie!








- Baiser : Ma femme bien sûr!! Après toutes les autres qui n'ont jamais vraiment compté... Premier baiser d'enfant pour mes cousines (comme je n'ai pas de soeur ;-), premier baiser de grand  au collège mais comme je suis un grand timide, elle devait parfois prendre l'initiative... Depuis, je me suis soigné (voir la photo!)








Voilà qui est dit, pas très original. Soma, j'espère t'avoir fait un peu sourire quand même!!

A mon tour de tagguer :

Majanissa - Hamnessa - Pom' - Caroline (Top & Flop)

Allez du courage et de toute façon, s'il vous en manque, le bureau des plaintes est chez Soma, na!!!

Par BenoitD - Publié dans : Tags
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Vendredi 28 mars 2008

la-joueuse-de-go.jpg Shan Sa (France, origine chinoise) - La joueuse de go - 9/10

Superbe roman, entre deux personnages évidemment différents: l'une, mandchoue, la joueuse de go. A peine sortie de l'adolescence, elle découvre l'amour entre deux adolescents riches et révolutionnaires. L'autre, le soldat japonais, l'envahisseur, l'espion solitaire qui l'affronte au jeu de go, se défoule chez les prostituées. Rien ne les approche à priori si ce n'est cette interminable partie de go.
Le style est simple, très poétique; l'histoire construite en petits chapitres où l'un et l'autre protagonistes nous donne son point de vue, sa vision de l'histoire parfois différente, parfois semblable. Il est difficile de s'arrêtre tant ce roman est habile, plein de rebondissements, et l'envie d'en savoir plus est là, bien présente.
Et cette finale, magistrale, tragique comme on peut s'attendre au vu de l'Histoire (avec un grand H) de cette région, de ce peuple.
Bravo pour cette oeuvre magnifique!
Les autres romans de Shan Sa sont, bien sur, sur ma LAL:  Porte de la paix céleste, son premier roman en langue française, Les Quatre vies du saule, Impératrice, Les Conspirateurs, Alexandre et Alestria.

La joueuse de go a été lue aussi chez Majanissa - Kalistina - Lancelot - BMR/MAM

Porte de la paix céleste chez BMR/MAM

4ème de couverture:

Depuis 1931, le dernier empereur de Chine règne sans pouvoir sur la Mandchourie occupée par l'armée japonaise. Alors que l'aristocratie tente d'oublier dans de vaines distractions la guerre et ses cruautés, une lycéenne de seize ans joue au go. Place des Mille Vents, ses mains infaillibles manipulent les pions. Mélancolique mais fiévreuse, elle rêve d'un autre destin. "Le bonheur est un combat d'encerclement." Sur le damier, elle bat tous ses prétendants. Mais la joueuse ignore encore son adversaire de demain: un officier japonais dur comme le métal, à peine plus âgé qu'elle, dévoué à l'utopie impérialiste. Ils s'affrontent, ils s'aiment, sans un geste, jusqu'au bout, tandis que la Chine vacille sous les coups de l'envahisseur, qui tue, pille, torture.

La neige tombe. Les bannières d'un clan mandchou claquent au vent. Shan Sa laisse ses personnages si poignants mener la guerre comme au go. "Pourquoi cette violence insensée? Comment mon peuple, cent fois supérieur en nombre, s'est-il laissé massacrer?" demande l'auteur. Comment peut-on aimer son bourreau?

Shan Sa est née à Pékin en 1972. Romancière, elle est l'auteur de Porte de la Paix céleste (1977, bourse Goncourt du Premier roman) et des Quatre Vies du saule (Grasset, 1999, Prix Cazes).

Prix Goncourt des lycéens 2001.

Grasset - 2001 - 343 pages - ISBN 2702847497

Par BenoitD - Publié dans : Littérature Française
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Jeudi 27 mars 2008

Bécherel - Cité du livre

affiche-202003.png

Cette cité du livre existe depuis 1989 (première Fête du livre) sous la houlette d'une association Savenn Douar.

Chaque année, la Fête du Livre se déroule le week-end de Pâques, et, outre les quinze libraires et bouquinistes ouverts toute l'année, un "marché du livre" a lieu tous les premiers dimanche de chaque mois. D'autres rendez-vous festifs : Nuit du Livre (août), Lire en Fête (octobre), Trésors de Bécherel (décembre) et depuis 2005, au moment du Printemps des Poètes (mars) le Festival Européen de Grec et de Latin, sur une idée d'E. Antébi (Librairie Maître Albert, http://www.antebiel.com), dont le premier fut inauguré par Jacques Lacarrière.

Le lien vers le site est ici. Vous y trouverez énormément d'infos sur Bécherel et l'association qui gère la cité du livre Savenn Douar, ainsi que leurs projets, les actions de promotion...

Une cité qui vaut une visite. Cet été peut-être pour la Nuit du Livre?
Si vous connaissez Bécherel ou si vous y passez dans les prochaines semaines, n'hésitez pas à me faire parvenir vos commentaires.


becherel-3.png B-cherel_March-.png Jardin_de_Becherel.jpg

Promenade à Bécherel

Le marché du livre

Le Jardin de Bécherel

Par BenoitD - Publié dans : Lieux du Livre
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Jeudi 27 mars 2008

Marc Dugain (France) - La chambre des officiers - 9/10

Excellent roman, court mais intense. Adrien, beau gosse, part à la guerre comme officier ingénieur et, après quelques semaines seulement, se retrouve dans une chambre d'hôpital, défiguré, méconaissable. Il devra ré-apprendre à manger, à parler, à s'accepter tel qu'il est, tel que les autres le vient. Il mettra quasiment 4 ans à accepter (contraint d'ailleurs) de revoir sa famille à laquelle il n'aura pas avoué être une "gueule cassée".
Il se fera des amis, des vrais, de ceux qu'on n'oublie jamais, qu'on aide et qui nous aide quand le besoin s'en fait sentir.
Il retrouvera même l'amour.
C'est un roman sur la différence, sur l'acceptation de soi, sur l'amitié, sur les horreurs de la guerre, sur la souffrance, le désespoir...


Un extrait:

"Je rêve de Clémence chaque nuit. Le jour, je me défends d'y penser, de raviver son souvenir et encore moins d'imaginer son avenir. Ce qui différencie l'animal de l'homme, c'est que l'animal ne fait aucune place au futur. Dans mon cas, ce serait une commodité. Mais le présent n'apporte aucun soulagement non plus."



4ème de couverture:

En 1914, tout sourit à Adrien, ingénieur officier. Mais, au début de la guerre, lors d'une reconnaissance sur les bords de la Meuse, un éclat d'obus le défigure. En un instant, il est devenu un monstre, une "gueule cassée".

Adrien ne connaîtra pas l'horreur des tranchées. Transféré au Val-de-Grâce, il rejoint une chambre réservée aux officiers. Une pièce sans miroir où l'on ne se voit que dans le regard des autres. Il y restera cinq ans. Cinq ans entre parenthèses. Cinq ans pour penser à l'avenir, à l'après-guerre, à Clémence qui l'a connu avec son visage d'ange. Cinq ans à nouer des amitiés déterminantes pour le reste de son existence...

Ce livre a obtenu le prix des libraires.

JC Lattès - 1998 - 172 pages - ISBN 2266093088

Par BenoitD - Publié dans : Littérature Française
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